CHRONIQUES DÉCO

Chroniques déco – Chapitre 7 – Vendue, et maintenant?

Quelques semaines avaient passé.

Une dizaine d’appartements visités. Des escaliers sans ascenseur. Des cuisines miniatures. Des balcons filants. Des rez-de-chaussée un peu sombres et des quatrièmes étages baignés de ciel. 

Et puis un matin, le message est tombé.

La maison était vendue. Pas “presque”. Pas “offre en cours”. Vraiment vendue.

Signature définitive prévue. Dossier bouclé. Virement à venir.

Elle est restée quelques secondes immobile, téléphone à la main. Elle aurait pu pleurer. Elle aurait pu trembler. Mais ce qui est venu, c’est autre chose. Du concret.

Pour la première fois, l’avenir n’était plus une hypothèse. Il avait un budget, un calendrier, une date. La maison n’était plus un souvenir en suspens. Elle devenait un chapitre fermé. Et cette fermeture, au lieu de l’écraser, lui ouvrait une question immense.

Qui étais-je, finalement, dans cette maison? Déco maison vendue

Elle a fait un dernier tour des pièces, presque vides désormais. Le salon résonnait. Les murs semblaient attendre une nouvelle histoire. Elle s’est revue, des années plus tôt, choisir ce canapé “intemporel”. Refuser ce papier peint “trop marqué”. Renoncer aux rideaux “trop présents”. Ranger les objets d’avant, pour faire de la place au “nous”.

Était-ce vraiment elle ? Ou une version négociée d’elle-même ? Dans cette maison, elle avait été fonctionnelle. Organisée. Raisonnable.
Elle avait été épouse. Mère. Hôte parfaite. Mais avait-elle été pleinement Romy ?

La question s’est posée comme une lumière crue. Qui étais-je dans ce décor imposé ? Imposé par qui, d’ailleurs ? Par Paul ? Par le couple ? Par la peur de déranger l’équilibre ?

Elle comprit quelque chose d’inconfortable et de libérateur à la fois. Le décor n’avait pas été imposé brutalement. Il s’était installé par petites concessions. Une couleur évitée. Un objet remisé. Une audace repoussée.

On ne bascule pas dans le beige du jour au lendemain. On y glisse.

Et maintenant ? Maintenant, sans cette maison, sans ce décor, sans cette façade sage, qui était-elle ?

Elle a fermé les yeux et laissé monter des images. Des bleus profonds. et peut être même du rose! Des matières brutes. Des tissus qui vivent. Des objets rapportés de loin.

Elle s’est revue jeune, curieuse, vibrante. Elle s’est revue en Afrique du Sud, en Océanie « étouffée«  par les colliers de fleurs et coquillages de bienvenue, fascinée par les couleurs, les contrastes, les odeurs, les sourires, les terres rouges, des lagons turquoise et les ciels immenses.

Cette femme-là existait toujours. Elle n’avait pas disparu. Elle s’était mise en sourdine.

La vente de la maison n’était pas seulement une transaction immobilière réussie. C’était la fin d’un décor qui ne lui ressemblait plus.

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Elle a senti une énergie nouvelle, presque électrique. Comme si l’espace autour d’elle s’élargissait.

Un futur plus petit en mètres carrés, sans doute.

Mais plus grand en liberté. Elle a souri. Ce n’était pas une crise. C’était une mue.

👉La chronique précédente est ici👈

La suite la semaine prochaine

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Divorce Maison déco

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Déco maison vendue

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