AUTOUR DU MONDE

Pourquoi nous avons choisi de vivre dans les Pouilles

Quand la slow déco devient un art de vivre

Pendant des années, j’ai parlé de ralentir sur ce blog.

J’ai écrit sur la slow déco. Sur les maisons qui respirent. Sur les matériaux naturels, la lumière, les objets qui racontent une histoire plutôt que ceux qui suivent une tendance. Je me suis spécialisée en design biophilique. J’ai répété qu’un intérieur ne devait pas seulement être beau — il devait nous rendre heureux.

Et puis un jour, à force de voyages en Italie, en vacances « repérage » nous nous sommes regardés avec Joël — Mon chéri depuis plus de 30 ans. On venait de prendre une décision qui avait eu tout le temps de mûrir avant de devenir impossible à ignorer. L’aboutissement de dizaines de petites évidences accumulées au fil des années.

Alors nous avons choisi les Pouilles. Pas par hasard. Par évidence. Et plus particulièrement le Salento, encore préservé par rapport à la vallée d’Itria.

Une région qui réveille les cinq sens

La première fois que nous sommes venus ici, c’était il y a huit ans, avec Hugo et Tom, encore adolescents. Nous pensions partir quelques jours en vacances. Les Pouilles, elles, avaient déjà commencé à nous adopter.

Depuis, quelque chose est resté accroché à nous. Une lumière. Une manière d’habiter le temps. Une sensation difficile à expliquer — comme si ici, personne n’avait déclaré la guerre aux minutes.

Dans beaucoup d’endroits, on regarde. Dans les Pouilles, on ressent.

On entend les volets en bois qui grincent doucement sous le vent, le brouhaha des marchés du matin, le chant des cigales dans les oliveraies centenaires.

On sent les figuiers, le jasmin, les citronniers, la pierre chauffée par le soleil. L’odeur du café qui s’échappe des bars, des tarallis sortis du four, de la lessive fraîche du linge aux fenêtres!

On goûte une tomate qui a encore le goût… d’une tomate. Des orecchiette préparées comme il y a cent ans. Une burrata si fraîche qu’elle semble avoir été préparée juste pour vous.

On effleure des murs construits il y a plusieurs siècles, polis par des milliers de mains avant les nôtres. La douceur de la pierre calcaire encore tiède le soir.

Et surtout, on regarde la lumière danser. Parce qu’ici, elle ne tombe jamais deux fois de la même façon. Et elle est filtrée par les persiennes et les pergolas qui s’amusent avec les ombres.

Une architecture qui donne envie de s’inspirer

En tant qu’architecte d’intérieur, je pourrais passer des heures simplement à marcher.

  • Les façades baroques de Lecce, Martina Franca, Nardò ou encore Galatina, avec ces dentelles de pierre dorée
  • Les palais cachés derrière des portes monumentales en bois où l’on imagine les cours intérieures
  • Les immenses hauteurs sous plafonds à voûtes étoilées qui donnent une respiration incroyable aux pièces
  • Les sols d’anciens carreaux de ciments aux couleurs délavées qui racontent des générations
  • Les escaliers en pierre usés par le temps
  • Les patios où la fraîcheur semble avoir trouvé sa résidence principale
  • Les terrasses qui deviennent des salons à ciel ouvert dès que le soleil se couche…

Au coeur des centres historiques, chaque rue ressemble à un livre d’architecture laissé ouvert. Impossible de ne pas imaginer des projets. Impossible de ne pas rêver.

Les murs en pierre calcaire changent de couleur au fil des heures. Au lever du soleil, ils prennent une teinte de miel. À midi, ils semblent presque blancs. Le soir, ils se réchauffent d’un voile rose doré. Une leçon quotidienne sur la manière dont la lumière transforme un intérieur.

La beauté n’est pas réservée aux riches

C’est peut-être ce qui me touche le plus ici.

La beauté simple est partout. Dans la petite boulangerie. Dans un balcon fleuri. Dans un café où les anciens discutent depuis des décennies. Dans une vieille porte défraîchie qui possède plus de caractère qu’un showroom.

On comprend soudain qu’un intérieur n’a pas besoin d’être luxueux pour être profondément beau. Il doit être vivant.

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La vie quotidienne est une leçon de décoration :

  • Une vieille porte bleu délavé
  • Un escalier patiné par des générations
  • Une façade imparfaite où grimpe un bougainvillier
  • Une chaise oubliée devant une maison
  • Une lanterne rouillée
  • Une table dressée avec de la vaisselle dépareillée
  • Une peinture défraîchie

Rien n’a été pensé pour Instagram. Et pourtant, tout semble juste.

Les Pouilles: bien plus qu’un décor

Au-delà de l’inspiration esthétique, ce que je retiens de nos quelques mois déjà passés ici, c’est que cette région offre une qualité de vie rare :
Un climat généreux — Plus de 300 jours de soleil par an, des hivers doux, des étés tempérés par la brise marine. On vit dehors presque toute l’année. Par contre, en temps de canicule… c’est comme partout c’est invivable!
Un coût de la vie accessible — Comparé à d’autres régions d’Italie ou au sud de la France, les Pouilles permettent de s’offrir de l’espace, de la pierre, de la beauté.
Une gastronomie authentique — Huile d’olive parmi les meilleures au monde, fruits et légumes gorgés de soleil, poissons frais, fromages locaux. Ici, bien manger n’est pas un luxe, c’est un quotidien et une religion! 
Deux mers à portée de main — L’Adriatique et la mer Ionienne, des plages sauvages, des criques secrètes, des eaux cristallines.
Une position stratégique — À quelques heures d’avion de la France, mais avec le dépaysement complet d’une autre culture, d’un autre rythme.
Une communauté chaleureuse — Les Pugliesi accueillent avec une générosité sincère. J’ai l’impression qu’on ne reste jamais longtemps étranger ici.

Une vie tournée vers l’extérieur

Nous voulions vivre près de la mer. Pas forcément avec une vue carte postale. Mais avec cette possibilité de partir voir le coucher du soleil sans organiser une expédition.

Nous avons choisi Galatone, une petite ville à taille humaine, entre Lecce, Nardò et Gallipoli. Quinze mille habitants. Suffisamment grande pour être vivante. Suffisamment petite pour qu’on ait envie de dire bonjour aux commerçants.

La mer n’est jamais loin. Et le ciel semble toujours un peu plus grand.

Le luxe de ralentir

Les Pouilles ne sont pas parfaites. Et c’est précisément ce qui les rend attachantes.

Ici, tout ne va pas à cent à l’heure. Une administration prendra parfois son temps. Le repas de midi pourra durer deux heures. Le voisin s’arrêtera discuter sans regarder sa montre.

Au début, cela surprend. Puis on réalise que ce n’est peut-être pas eux qui vont lentement. C’est nous qui courions trop vite.

Joël a des origines italiennes de par sa mère (Ombrie et Vénétie). Sans le savoir, ce projet ressemble peut-être aussi à une manière de renouer avec une partie de son histoire. En venant ici, nous n’avons jamais eu le sentiment de partir dans un pays étranger. Nous avons plutôt l’impression de revenir vers quelque chose que nous connaissions déjà… sans l’avoir encore vécu. C’est un peu paradoxal, mais ce projet italien, cela fait des années qu’on en parle!

Designer son bonheur

Si vous me connaissez, vous savez que je répète qu’un intérieur peut changer une vie. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller un peu plus loin: je crois qu’un territoire peut aussi nous transformer.

Les Pouilles ne sont pas une fuite. Elles sont la continuité naturelle de tout ce que nous défendons depuis longtemps :

  • La slow déco
  • La nature
  • Le partage
  • Les repas qui s’éternisent
  • Les matériaux qui vieillissent avec élégance
  • Les maisons qui racontent une histoire
  • Les rencontres spontanées
  • Le plaisir des choses simples

En réalité, nous ne changeons pas de vie. Nous installons simplement notre quotidien dans un endroit qui nous ressemble davantage.

Vivre Pouilles slow déco

Ce que les Pouilles m’apprennent

Depuis toujours, chacun de mes voyages nourrit ma façon de concevoir les intérieurs :

  • La Nouvelle-Calédonie m’a fait comprendre la puissance de la nature dans un espace de vie
  • Le Japon m’a montré que le vide pouvait être aussi précieux que le plein.
  • Le Brésil m’a appris que la joie peut s’exprimer à travers une palette de couleurs.
  • L’Australie m’a appris l’art de vivre dedans-dehors
  • Le Cambodge m’a rappelé qu’une maison peut être spectaculaire avec trois matériaux, un peu de lumière et beaucoup de simplicité.
  • Le Portugal m’a appris que les maisons les plus attachantes portent les traces du temps.
  • L’Espagne m’a appris que la convivialité commence souvent autour d’une grande table.
  • L’Équateur m’a montré que l’artisanat donne une âme aux intérieurs.
  • La Sicile m’a appris que les contrastes donnent du caractère aux lieux.
  • La Corse m’a démontré que la minéralité avait aussi son charme
  • La Réunion m’a appris que le végétal peut devenir une véritable architecture.
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Les Pouilles arrivent aujourd’hui comme une évidence dans ce parcours.

Ici, la beauté n’est pas fabriquée. Elle naît du temps, des usages, des saisons, de la lumière et de ceux qui habitent les lieux. Cette authenticité me donne envie de créer des intérieurs moins démonstratifs, plus sensibles. Des maisons où l’on ressent quelque chose avant même d’en analyser le style.

Je suis convaincue que les plus beaux projets ne commencent pas par un catalogue de mobilier. Ils commencent par une émotion.

Les Pouilles ne m’apprennent pas à mieux décorer. Elles m’apprennent à mieux regarder. Et quand on apprend à mieux regarder, on finit presque toujours par mieux vivre.

C’est la raison pour laquelle Designer de Bonheur devient aussi créateur de lieux de vie!

Pendant longtemps, je me suis présentée comme architecte d’intérieur, puis comme Designer de Bonheur. Aujourd’hui, j’ai envie d’aller un peu plus loin.

Parce qu’au fond, ce que nous faisons avec Joël n’a jamais consisté à rénover des maisons. Nous créons des lieux de vie. La nuance est immense.

Une maison, tout le monde peut en acheter une.
Un lieu de vie, lui, se construit.
Il se façonne autour de ceux qui l’habitent, de leurs rêves, de leurs habitudes, de leurs souvenirs et de leurs projets.

Un lieu de vie, ce n’est pas seulement un endroit où l’on dort. C’est un endroit où l’on aime recevoir.
Où les enfants grandissent et ont envie de revenir.
Où les amis prolongent le dîner sans regarder leur montre.
Où l’on ouvre naturellement les fenêtres le matin parce que l’air sent le jasmin ou l’air de la mer.
Où l’on ralentit sans même s’en apercevoir.

Nous avons toujours créé ces lieux pour nous-mêmes.

A Nouméa en Nouvelle-Calédonie, à Biarritz au Pays basque, dernièrement à Patrimonio en Corse.
Et aujourd’hui dans les Pouilles.

À chaque fois, nous avons cherché la même chose. Pas la plus grande maison. Pas la plus luxueuse. Mais celle qui nous permettrait de vivre la vie que nous avions envie de mener à ce moment là!

Car une maison devrait toujours être au service d’un projet de vie. Jamais l’inverse.
C’est cette conviction qui nous anime depuis des années.

La décoration n’est qu’un des outils. L’architecture en est un autre. Le jardin, la lumière, les matériaux, les odeurs, les sons, les paysages, la culture locale, les rencontres, les artisans, les commerces du quartier, les habitudes du quotidien… tout participe à la création d’un lieu de vie, c’est notre vision holistique des choses

Nous ne créons pas seulement des espaces. Nous imaginons des façons d’habiter. Des lieux où l’on se sent profondément aligné avec ce que l’on est, des lieux qui donnent envie de cuisiner davantage, d’inviter ses proches, de lire, de jardiner, de contempler, de créer, de vieillir heureux et en bonne santé!

C’est sans doute cela, finalement, être créateur de lieux de vie.
Aider chacun à trouver l’endroit où son quotidien devient plus beau, plus simple, plus fluide, plus vivant. Ici, dans les Pouilles. Ou partout ailleurs.
Parce qu’un lieu de vie réussi n’est pas une question de géographie. C’est une rencontre entre un lieu… et une façon d’être.

Les Pouilles, ça vous parle? N’hésitez pas à partager vos expériences en commentaire, hâte de vous lire.

Vivre Pouilles slow déco

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