CHRONIQUES DÉCO

Chroniques déco – Chapitre 8 – Le coup de coeur

Quelques mois avaient encore glissé.

Le divorce appartenait désormais à la catégorie “dossier classé”. Plus de charge émotionnelle, plus de tremblement intérieur. Juste un fait. Une étape. Un passage de frontière tamponné.

Et puis un matin, au détour d’une annonce presque banale, elle l’a vu: Centre historique. Troisième étage. Deux chambres. Petite terrasse plein sud.

Elle a su avant même la visite. Mais elle y est allée quand même, pour vérifier que son intuition ne s’était pas emballée.

La porte s’est ouverte sur un couloir étroit, un peu sombre. Première petite déception. Peinture fatiguée. Interphone d’une autre époque. L’escalier grinçait beaucoup… pas très discret quand on rentre tard, se dit elle!

Puis l’appartement.

Hauteur sous plafond spectaculaire. Moulures délicates. Rosaces centrales comme des pâtisseries suspendues au plafond. Parquet ancien, légèrement gondolé par endroits, traversé de fines fissures qui racontaient les années.

Elle leva les yeux.

— Bon… on est à deux doigts du salon napoléonien, là.

Too much ? Sûrement un peu… Mais immédiatement, son cerveau créatif se mit à danser.

Elle imaginait déjà casser le classicisme. Injecter du brut. Du contemporain. Une suspension audacieuse sous la rosace. Un canapé aux lignes franches sous les moulures. Un mur profond pour dialoguer avec la blancheur des plafonds. Voire même peindre les plafonds, il parait que ça apporte vraiment un charme supplémentaire.

Mélanger. Contraster. Réveiller.

Le salon donnait sur un balcon filant, pas immense, mais exposé plein sud. Une lumière dorée entrait déjà en fin d’après-midi.

Elle s’avança, dehors, le bruit feutré du centre historique. Des pas. Des voix. Les cloches au loin.

Elle s’imagina sans effort, un spritz à la main avec un livre ouvert lors d’un été qui s’étire.

Le balcon n’était pas large. À peine de quoi mettre une petite table, deux chaises et une chaise longue. Et le vis-à-vis existait, bien sûr. Une voisine curieuse pourrait suivre la recette de ses apéritifs sans invitation. Inconvénient noté, mais ce n’était pas rédhibitoire!

La cuisine était petite. Fonctionnelle, pas spectaculaire non plus, il faudrait optimiser, penser malin et peut être même imaginer des rangements sur mesure. Elle adorait déjà le défi.

Deux chambres.

Une première, parfaite pour elle. Avec cette fenêtre haute et la lumière qui caresse le mur en fin de journée. Elle se voyait déjà peindre un soubassement, installer des rideaux généreux, poser un tapis épais.

Et la deuxième.

Plus grande, mais avec une fenêtre dans un coin. Elle serait parfaite pour deux lits. Elle sourit. Les garçons pourraient venir, dormir, traîner, poser leurs sacs le temps d’un week end et plaisir absolu: laisser leurs baskets dans l’entrée.

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Cet appartement n’était pas immense. Mais il avait du cœur et la pièce centrale pouvait être dingue une fois aménagée.

Bien sûr, tout n’était pas parfait. L’isolation phonique méritait d’être testée sérieusement. Le chauffage datait un peu. La salle de bain aurait besoin d’un vrai lifting. Et le parquet, charmant avec ses fissures, demanderait un peu d’amour.

Mais rien d’insurmontable. Rien d’ennuyeux, au contraire.

C’était un terrain de jeu. En redescendant l’escalier grinçant, elle ne réfléchissait déjà plus en termes de “si”.

Elle pensait “quand”.

Les démarches administratives ont suivi. Compromis signé. Pas de dossier bancaire à monter puisqu’elle avait déjà sa part de maison sur son compte bancaire. Diagnostics passés au crible. Quelques nuits d’insomnie, parce que même les décisions lumineuses font un peu trembler surtout quand on est seule à décider!

Puis l’accord. Les clés bientôt.
En sortant de chez le notaire, contrairement à la dernière fois, ce n’était pas une fin qu’elle signait mais c’était clairement un début.

Elle s’arrêta au coin de la rue, le centre historique vivait autour d’elle, des terrasses pleines. Des rires. Des pas pressés. Elle pouvait tout faire à pied désormais. Aller chercher son pain. Flâner. Improviser.

Sa vie allait rétrécir en mètres carrés. Mais s’agrandir en intensité.

Elle inspira profondément, et leva les yeux vers le ciel entre les façades anciennes. « Let’s go » se dit elle!

L’acte 1 se refermait ici. La page suivante sentait déjà la peinture fraîche, le lin lavé et les soirées d’été.

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La suite la semaine prochaine

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