SLOW DÉCO

Comment reprendre le pouvoir sur son intérieur

De la subsistance à la décoration «habitée»

Dans nos vies modernes, nous avons pris l’habitude de déléguer les aspects les plus basiques de notre existence — se nourrir, se vêtir, se loger — à des industries mondialisées et des mains anonymes. Je vous partage ci dessous une vidéo qui secoue Et qui nous invite à reprendre le pouvoir sur notre intérieur.
Comme le souligne la sociologue Geneviève Pruvost, cette «dépossession» de notre base matérielle nous rend impuissants face aux enjeux écologiques et sociaux. Pourtant, la maison ne devrait pas être qu’un simple lieu de consommation ou de repos déconnecté du reste du monde. En s’appuyant sur les concepts de la vie quotidienne politique et de la subsistance, nous pouvons repenser notre décoration et notre habitat comme des outils de réappropriation de notre pouvoir d’agir.

Politiser son intérieur : La fin de la décoration «vitrine»

Pour le philosophe Henri Lefèvre, la vie quotidienne, y compris à la maison, est un objet critique et politique. Souvent, notre décoration intérieure reflète ce que Geneviève Pruvost appelle «l’art de la tuyauterie» du capitalisme : un monde de connectique où tout semble arriver par miracle, sans que l’on voie le travail ou la matière derrière les objets.

Choisir sa décoration, ce n’est donc pas seulement une question d’esthétique, c’est décider si l’on souhaite continuer à vivre dans un espace «privé de subsistance». Au lieu d’accumuler des objets dont on ne connaît ni la provenance ni les mains qui les ont façonnés, politiser son habitat revient à privilégier des objets qui racontent une histoire productive et humaine.

Vers un habitat de subsistance : Réintégrer le «faire»

L’économie de la subsistance n’est pas une économie de survie, mais une manière de réencastrer la vie matérielle dans le social. Appliqué à l’habitat, cela signifie briser la séparation stricte entre le lieu où l’on travaille et celui où l’on habite.

Le retour des savoirs vernaculaires : La décoration peut devenir le support de savoirs de base oubliés, comme le travail du bois ou la réparation. Un meuble que l’on fabrique ou que l’on restaure soi-même devient un acte de résistance contre l’hyper-spécialisation industrielle.

L’abondance par la récupération : Contrairement à l’imaginaire de la pénurie, la subsistance propose une autre forme d’abondance : celle des outils et de la réparation. Décorer son habitat avec des objets récupérés et remis en état permet de s’extraire de la « vie de consommation » galopante.

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La «Sweat Equity» : Quand la main transforme l’espace

Le concept éco-féministe de «sweat equity» (l’équité dans la sueur) suggère que mettre les mains dans la matière pour s’occuper de ses besoins est un idéal social et écologique. Dans l’habitat, cela se traduit par une décoration qui n’est plus figée, mais vivante, c’est reprendre le pouvoir sur son intérieur:

Vivre avec le vivant : Intégrer des plantes comestibles ou transformer un balcon en micro-potager urbain permet de recréer une « vie quotidienne alternative » au cœur même du bitume.

Le partage de la charge : En reprenant en main certaines tâches domestiques ou de fabrication, nous déchargeons d’autres personnes, souvent invisibilisées et exploitées à l’autre bout du monde, de tâches aliénantes.

L’habitat comme respiration politique

Repenser sa décoration sous l’angle de la subsistance, c’est accepter de « mélanger » les techniques anciennes et nouvelles pour retrouver une prise sur son environnement immédiat. Que ce soit à travers un jardin partagé au pied de son immeuble ou le choix de matériaux bruts et locaux, chaque geste d’aménagement peut devenir une brèche dans le système capitaliste. Transformer son chez-soi n’est alors plus une simple affaire de style, mais le point de départ pour reprendre le pouvoir sur son quotidien.

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